7 Raisons de libérer votre enfant de la sonde d'alimentation







Comment choisir un programme de sevrage de la sonde ?







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Les parents nous demandent tout le temps quel type de nourriture ils peuvent donner à leur enfant pendant la transition de la nutrition entérale vers l’alimentation orale. Les enfants qui effectuent cette transition ont tendance à préférer certains types d’aliments :

  • Certains aiment les chips, les biscuits ou les frites salés (des aliments qui se dissolvent facilement dans la bouche, et qui sont à la fois croquants, salés et sucrés)
  • D’autres n’acceptent que des aliments sucrés (tels que le chocolat ou le « Nutella »).
  • D’autres encore, commencent par boire au biberon les aliments diététiques qui leur étaient administrés par sonde et auxquels ils sont habitués – par exemple le substitut « Neocate » (acides aminés libres, produits en utilisant des germes = production biologique) ou les formules à base de lait.

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Pour nous, en tant que thérapeutes chez NoTube, consommer ces différents types d’aliments au cours du sevrage de la sonde ne pose aucun problème. Comme nous allons le voir, la plupart de ces aliments fournissent à l’enfant tous les apports nécessaires sur le plan nutritionnel. Cependant, les parents sont bien souvent insatisfaits par cette approche. À cause du « lavage de cerveau » lié à leur éducation, à leurs propres valeurs et à leurs cercles sociaux, ils pensent qu’une « nourriture saine » est essentielle pour leur enfant. On leur a dit que la consommation de légumes, de fruits et de céréales issus de l’agriculture biologique était indispensable à la croissance de leur enfant. Il existe de nombreuses terminologies émergentes (par exemple « nutraceutique », « alicament », etc.) qui prétendent offrir des avantages supplémentaires comparés à une alimentation de base. Cependant, ils n’ont généralement pas d’effet sur l’enfant, surtout si celui-ci a été nourri par voie entérale jusqu’au sevrage de la sonde.

 

Cela nous mène à une question fondamentale : que savons-nous de la « nourriture saine » ?

En réalité, pas grand-chose :

 

  1. Tous les aliments sont composés de glucides, de lipides et de protéines.

 

C’est même le cas de la crème glacée ou du lait par exemple, et de la plupart des bonbons. Notamment lorsqu’ils sont produits à partir de restes porcins, comme les oursons en gélatine par exemple, les bonbons contiennent les trois éléments essentiels mentionnés ci-dessus. Cela peut paraître surprenant, mais nous n’aurions besoin que de certaines vitamines en plus de ces bonbons. Chez les enfants nourris par voie entérale, il est rare de constater des carences en vitamines car les poches de nutrition contiennent suffisamment d’apports vitaminiques, et il faut des mois pour venir à bout de celles emmagasinées par le corps. Certaines chips ou crackers contiennent des glucides et des graisses, mais pas de protéines. Cependant, bien que les protéines soient essentielles au fonctionnement du corps humain, les apports protéiniques emmagasinés par le corps pendant la nutrition entérale sont généralement suffisants pour plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Par conséquent, une réduction provisoire des apports en protéines pendant le sevrage de la sonde n’est pas un problème. Même si les choix alimentaires de l’enfant au cours du sevrage peuvent surprendre les parents, ils sont parfaitement acceptables d’un point de vue nutritionnel. Néanmoins, la littérature scientifique nous donne des lignes directrices pour équilibrer la proportion des trois macronutriments dans les apports quotidiens, afin d’aider le corps à maintenir des fonctions physiologiques normales, sans éventuels déficits ou surplus. Les apports quotidiens doivent être composés de 55 à 75 % de glucides, 10 à 15 % de protéines et 15 à 30 % de matières grasses (source : étude de 2002 sur une consultation d’experts du FAO et de l’OMS).

 

2. Les bébés peuvent avoir une aversion pour certains goûts.

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Les bébés peuvent identifier quatre saveurs différentes :

  1. Sucré
  2. Salé
  3. Amer
  4. Acide

Sucré : chez les enfants sains qui n’ont pas subis de traitement thérapeutique en unité de soins intensifs néonatals (USIN), le goût sucré est celui qu’ils apprécient le plus. D’un point de vue phylogénétique (stade de développement des êtres humains), il y a une préférence pour les goûts sucrés car ils contiennent des glucides faciles à digérer. C’est la raison pour laquelle les bébés préfèrent les aliments au goût sucré.

Salé et amer : l’intérêt pour les goûts amers et l’umami (le cinquième goût dit savoureux qui correspond à la saveur de la viande au milieu de notre langue) vient plus tard dans le stade de développement, lors de l’apprentissage de la mastication. Julie Mennella, de l’Institut « Monell Chemical Senses Center », a démontré que chez les enfants nés avec un poids de naissance très faible le sens du goût pourrait être altéré. Dès le début de leur parcours vers l’alimentation orale, ces enfants préfèrent parfois les aliments salés voire amers. Par conséquent, beaucoup de nos patients nés prématurément préfèrent les goûts salés et amers lors de la transition de la nutrition entérale vers l’alimentation orale.

Acide : les goûts acides, tels que celui du citron, sont à proscrire chez les jeunes enfants. C’est la raison pour laquelle les dispositifs employés pour nettoyer la bouche des enfants sous sédation ne doivent pas être aromatisés au citron.

 

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Chez un enfant anciennement nourri par sonde, tout ce qu’il mange par la bouche est bon à prendre.

Quel que soit le type d’aliments que l’enfant choisi de manger après avoir été nourri pendant plusieurs mois voire plusieurs années par nutrition entérale, ce choix est acceptable. L’enfant doit avancer par petites étapes, et faire progressivement la découverte de l’alimentation. Les angoisses parentales liées au fait que leur enfant ne mangera jamais de « nourriture saine » ne sont pas constructives. Toute personne qui découvre pour la première fois quelque chose de nouveau sera hésitante et procédera étape par étape. Ces étapes peuvent prendre des semaines, des mois, voire des années. Elles ne peuvent pas être induites. Après une certaine période, nos thérapeutes peuvent conseiller aux mamans de cesser d’acheter les aliments sur lesquels l’enfant fait une fixation. Mais même cette étape n’est pas la plus urgente. L’enfant changera de lui-même. Le seul cas dans lequel ces étapes peuvent prendre plus de temps, ou nécessiter un soutien supplémentaire, est lorsque l’enfant souffre d’un trouble du spectre autistique (TSA).

Cependant, les modes alimentaires évoluent constamment, tout comme le concept de  vie saine. Là où la famine est omniprésente, les personnes en surcharge pondérale sont considérées en bonne santé. Ce qui pourrait laisser penser que les personnes à la tête de postes à hautes responsabilités sont en surpoids. Ce n’est que récemment que les cadres supérieurs sont devenus accros au sport et que certains affichent un corps musclé jusqu’à un âge avancé.

 

Pour résumer :

Le terme « nourriture saine » n’a pas sa place dans la période qui suit le sevrage d’un enfant nourri par sonde d’alimentation. Les recherches dans ce domaine sont peu concluantes et facilement sous l’influence des « modes scientifiques ». Lorsqu’émergent des concepts basés sur le bon sens et destinés à améliorer les conditions de vie de l’humanité, il serait bon de ne pas les contester. Soyez patient et suivez la voie empruntée par votre enfant lors de la transition de la nutrition entérale vers l’alimentation orale. C’est lui qui vous guidera. La seule chose qui importe est la suivante : votre enfant est-il capable de manger en quantité suffisante par voie orale et de satisfaire ses besoins ? Si la réponse est oui, alors tout le reste est superflu. Si la réponse est non : à quels défis êtes-vous confronté(e) ? Faites nous part de vos commentaires ici ! Nous répondrons à toutes vos questions.

Peter Scheer